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J’aime lire les traités de spiritualité qui datent de la première moitié du siècle dernier et ceux, plus anciens, du XVIIe siècle qu’on a appelé le grand siècle des âmes. Depuis, presque plus rien sur le sujet… Il faut aller chercher dans l’orthodoxie ou dans les religions orientales pour qu’on aborde la vie de l’âme. Nous n’osons plus parler des choses de l’âme, comme si nous avions perdu la nôtre.
Le titre d’un ouvrage de Don Marmion chante en moi : Le Christ, vie de l’âme. La science a désenchanté la nature en nous purifiant des restes de l’animisme et l’a démythologisée. Victor Hugo lui-même n’oserait plus se poser la question aujourd’hui : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »
Pourtant, je ne puis me résoudre à n’être qu’un corps, si merveilleux soit-il avec sa richesse biochimique qui produit des émotions et des affects infiniment variés. Je sais qu’une partie de moi-même est plus vaste que mon corps, qu’elle est éternelle et qu’elle possède ses propres désirs et ses propres besoins. Cette partie qui prie en moi quand je dors et qui survivra à la mort de mon corps. Cette partie qui s’est sentie souvent reconnue dans les assemblées du Renouveau où la foule chantait ce très beau cantique :
Oh ! Prends mon âme, prends-la, Seigneur, Et que ta flamme brûle en mon cœur.
Que tout mon être vibre pour toi, Sois seul mon maître, ô divin roi.
Nous avons eu si peur de la dichotomie corps-esprit, nous avons eu si peur que le corps ne soit pas reconnu à sa juste valeur que nous avons cessé de parler de l’âme et, par voie de conséquence, de prendre soin d’elle. Je me suis longtemps délecté des Élévations de Dom Vandeur qui sont aujourd’hui consultables sur le net à l’adresse suivante :
www.abbaye-saint-benoit.ch/Bibliotheque/divers/trinite/mondieu/index.html
Ce livre, un temps abandonné, a été beaucoup lu et c’est un profit extraordinaire que sa lecture, une aide précieuse pour la méditation. En effet, comment prendre conscience que j’ai une âme comme j’ai conscience d’avoir deux mains qui écrivent ? C’est en la sollicitant, en parlant d’elle, en prenant conscience de ses mouvements et de ses capacités. Rapidement, je m’aperçois qu’elle a besoin du corps comme le corps a besoin d’elle ; et plus je serai attentif à la satisfaire, et mieux mon corps se portera et se comportera.


