/ LA REVUE / Juin 2007

Edito...

(Auteur: Ephraïm - Parution F&L n° 262 de Juin 2007)

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Il est beaucoup question, dans ce numéro, d’amour, de vivre d’amour. Ce mot a-t-il encore un sens aujourd’hui ? L’amour dont il est question est l’agapé du Nouveau Testament, traduit en latin par caritas et en français par charité. Mais comme ce mot s’est usé, comme il a été défiguré par des sentiments humains qui n’ont rien à voir avec l’Évangile ! J’interroge mon ordinateur pour connaître les synonymes qu’il propose et le premier qui s’inscrit est bienfaisance ! Bienfaisance aurait bien besoin aussi d’un lifting pour lui rendre son sens premier qui est : « faire du bien ». « L’amour fait le bien », nous dit saint Paul dans sa belle hymne de l’épître aux Corinthiens, l’amour est altruiste, désintéressé de lui-même, il est toujours héroïque, chevaleresque, magnanime. Il y a de la grandeur et même de la démesure dans le véritable amour ; nous sommes loin des ventes de charité, du charity business que propose l’oncle Mac Donald’s ou les grandes surface. L’amour paye de sa vie, car on aime à en mourir ou on n’aime pas du tout.

On n’a jamais tant parlé d’amour que de nos jours et pourtant, entre sexualité facile, rencontres éphémères et chagrins passagers, personne ne se donne et quand on se donne un peu, on sait se reprendre et recommencer la valse lente des relations superficielles. D’aucuns diraient qu’il faut réinventer l’amour. En sommes-nous capables ? On ne réinvente pas Dieu qui est l’amour et la source de tout amour : on va puiser en lui qui s’est vidé de lui-même pour que nous ayons l’abondance et la plénitude, « car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16).

L’amour n’est pas une obole négligemment consentie, il n’est pas non plus un simple partage ; il est un don total. Si on interroge les gens sur les valeurs qu’ils considèrent comme fondamentales dans leur vie, l’amour vient en tête, suivi par le respect et la tolérance. Valeurs modernes, certes, et combien louables, que l’on retrouve dans les organisations nationales et internationales bien qu’elles ne soient pas partagées encore par tous… alors que manque-t-il ? Comme pour le jeune homme riche qui était si parfait, il manque le don total, car l’amour est fou ou il n’est pas ! Comme l’a dit saint Augustin, toute mesure le dénature. N’est-ce pas ce que nous devrions enseigner à nos enfants ? Apprendre à se donner sans réserve pour une cause qui donne à leur vie une vraie valeur. N’est-ce pas ce que devraient faire les retraités qui font le point sur leur vie ? Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour se préparer à l’autre monde, au Royaume des cieux qui n’est qu’un amour absolu.