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Il y a déjà dix ans que Mère Teresa nous a quittés… mais nous a-t-elle vraiment quittés ? Son rayonnement est intact et, chose rare de nos jours, elle est incontestée parce qu’incontestable. Elle est une figure de la foi chrétienne crédible par tous. Sa personne, sa parole et son œuvre s’accordent harmonieusement pour proclamer le message chrétien. Accord parfait entre contemplation et action. Elle partage ce trait avec Jean-Paul II et on sentait chez ces deux « saints » du XXe siècle une grande complicité.
L’évangélisation explicite n’est pas suffisante, elle peut même indisposer ou braquer nos contemporains, si les œuvres ne viennent pas confirmer la parole.
Elle disait : « Dieu aime toujours le monde et Il nous envoie, vous et moi, pour être son amour et sa compassion auprès des pauvres. » Elle ressentait de l’intérieur la grande soif d’amour de Jésus, ce qui la décentrait totalement de ses préoccupations propres. Elle savait que son âme avait la capacité de répondre à cette soif d’amour, de l’étancher et elle comprenait qu’en Lui apportant les pauvres, elle le comblait. Ce petit bout de femme est un géant de la foi et son influence est immense. Elle est un modèle de sainteté pour notre époque où l’annonce explicite de la bonne nouvelle doit être confirmée par des actes héroïques de compassion. Elle aimait le monde et tout son peuplement, comment dirait le psalmiste. Elle savait que l’unique préoccupation de Dieu est l’humanité tout entière qui ne saurait être divisée en races et en religions. « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… » Cette universalité qui dilate le cœur aux dimensions de l’univers habitait sa prière ; ainsi, tous les enfants du monde étaient les siens, tous les corps souffrants méritaient ses soins. En elle, la distinction entre prière et action devenait un non-sens voire un sacrilège car la créature de Dieu est sacrée ; s’occuper d’elle, c’est rendre un culte au Créateur.
Comme elle nous rappelle que le chemin de l’oblation n’est pas une vocation particulière, mais la condition sine qua non pour être un disciple du Christ ! Elle accueillait tant de jeunes qui souffraient d’états d’âme, du mal existentiel de l’Occident repu et désespéré, elle les mettait en contact avec la digne souffrance des pauvres de l’Inde si profondément mystique, pour les guérir par le don d’eux-mêmes.
Lors de sa béatification, Jean-Paul II l’appela l’icône du Bon Samaritain et comme ce titre lui va bien ! Comme nous pouvons la vénérer comme icône de la nouvelle évangélisation qui ne peut passer que dans une charité infinie explicitement exprimée !



